À PROPOS DE LARA KRAMER

BIO

Lara Kramer est une interprète, chorégraphe et artiste anishinaabe multidisciplinaire d’origine mixte oji-cri et colon, qui a grandi à London, en Ontario. Elle vit et travaille à Tiohtià:ke/Mooniyang/Montréal. Ses œuvres chorégraphiques, sa recherche et son travail sur le terrain au cours des treize dernières années ont été fondés sur les relations intergénérationnelles, le savoir intergénérationnel et les répercussions des pensionnats indiens du Canada. Elle est la première génération de sa famille à ne pas avoir fréquenté les pensionnats. Ses créations sous forme de danse, de performance et d’installation ont été présentées au Canada, en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Martinique, aux États-Unis et au Royaume-Uni.

Elle a reçu plusieurs prix, reconnaissances et récompenses pour son travail en tant qu’artiste émergente et établie. Lara a été nommée défenseure des droits de la personne par le Centre commémoratif de l’Holocauste à Montréal en 2012, après la tournée nationale de son œuvre Fragments, une performance inspirée des histoires de sa mère et de son expérience vécue en tant que survivante des pensionnats indiens du Canada. En 2014, Lara a reçu la Bourse à l’audace – Caisse de la culture du OFFTA, Montréal, ainsi qu’une commande d’œuvre du Festival Danse Canada pour son œuvre Native Girl Syndrome. En 2017-2018, Lara a reçu la prestigieuse bourse Ashley de l’Université Trent, et a été nommée au fonds de création CanDance pour son œuvre Windigo. En 2018, Lara a reçu le prix Jacqueline-Lemieux en reconnaissance de son excellence artistique et de sa carrière distinguée en danse.

Ses œuvres se démarquent par l’utilisation de la décélération du temps comme moyen d’entrer davantage dans un rythme, une sensation et une conscience incarnés de la part de l’interprète et du public. Souvent franches et brutes, jouant avec la force et la vulnérabilité du corps, ses pièces se distinguent par leur engagement, leur sensibilité, leur écoute attentive et instinctive du corps, et leur attention à l’invisible. Elle pratique la performance, la chorégraphie, l’art multidisciplinaire sonore, vidéo et visuel.

En 2017, Lara a organisé Welcome to Indian Country pour le MAI (Montréal, arts interculturels) dans le cadre d’Eclectik, où elle a présenté en première la pièce This Time Will be Different, créée avec Emilie Monnet. Cette installation-performance dénonce le statu quo du discours du gouvernement canadien sur les relations avec les autochtones et critique l’« industrie de la réconciliation nationale ».

En 2020, Lara a été chargée de créer deux nouvelles œuvres d’affichage public, situées sur les façades du Café Cherrier et du Marché Bonsecours à Montréal. In Blankets, Herds and Ghosts est une nouvelle œuvre de l’artiste multidisciplinaire et chorégraphe Lara Kramer. Dazibao satellite est le résultat d’un partenariat spécial entre Dazibao et le MAI (Montréal, arts interculturels).

Elle a fait partie de la faculté de l’Indigenous Dance Residency au Banff Centre et a donné des ateliers dans tout le Canada, en Australie et en Nouvelle-Zélande. En 2016, Lara a initié The Cradleboard Project, un projet communautaire multigénérationnel favorisant la réappropriation des pratiques traditionnelles, développé en collaboration avec sa mère, artist et la gardienne

du savoir Ida Baptiste, et proposé au Native Women’s Shelter et à Native Montreal. Elle a été l’enseignante invitée de Nunatta Isiginnaartitsisarfia – le théâtre national du Groenland en 2018. Elle a également décroché son premier rôle dans le film de François Delisle, Cash Nexus, en 2019, en tant que personnage secondaire, Angie. Lara a participé à plusieurs résidences, notamment au Musée des pensionnats indiens à Portage la Prairie au Canada en 2008 et à Dancemakers Artist in Residency de 2018 à 2021. En 2021, Lara a rejoint le MAI comme artistes associées et commissaires de la programmation de la saison du 25ème anniversaire du MAI. Lara Kramer est une artiste associée au Centre de Création O Vertigo – CCOV depuis 2021.

DÉMARCHE ARTISTIQUE

Je travaille avec mes tripes, une sensation de creux dans mes tripes; je remplis ce qui est vide, je le remplis de son. Le son brut du mouvement, du souffle, de la sueur et de la chaleur.

Ma pratique s’est ancrée dans la relation avec ma mère et mes enfants, approfondissant les tissus conjonctifs liés aux relations intergénérationnelles, connaissances intergénérationnelles et aux les expériences incarnées telles que les souvenirs, les rêves, la perte et la récupération. Je suis liée à l’histoire, aux répercussions coloniales des pensionnats indiens qui ont été incarnées par les générations de ma famille. Je porte le poids de cet héritage. Je travaille avec la mise en récit dans mon processus créatif comme un moyen d’explorer comment la schématisation des récits de l’histoire de ma famille résonne dans le corps et comment elle peut être transférée symboliquement dans mon travail en se connectant au passé, au présent et au futur. Ma famille a été explorée dans le paysage vivant de mes œuvres sous forme de danse, d’installation, d’art visuel, de photographie et de performance.

Suivre mes instincts et découvrir et redécouvrir ce qui m’entoure est un mécanisme fort dans ma pratique et mon travail en direct. Et c’est ce qui me permet d’agir pleinement. Pour créer et agir sur mon héritage, je dois fixer mon regard aussi longtemps que possible dans le moment présent, d’où je viens et où je vais. Approfondir ma conscience sensorielle de ce qui n’est pas visible.

Je m’intéresse à l’intimité de la mémoire et à sa capacité de transformation. Et la réalisation que nous devons regarder plus profondément dans ce que nous avons en ce moment et trouver des nuances. Comment le fait de partager mes souvenirs, mes liens avec mes rêves m’ouvre à la vulnérabilité et à la disponibilité. Et c’est une partie de la mobilisation et de la transformation qui se produit, qui offre une compréhension profonde du lieu au-delà du visible. La réalisation de trouver un plus grand sens de la force et de la lutte pour la poursuite de notre réflexion introspective, en tenant compte des nouvelles découvertes à révéler. Mes œuvres sont toujours liées à la temporalité, à un sens du temps qui s’étend à cette lignée future et passée qui ne finit jamais, qui est infinie.

Je souhaite aller plus loin dans les migrations de ma famille, tout en restant ancrée dans les voix du futur, celles de mes enfants, pour voir ce qui existe au-delà du corps de mes petits-enfants, et encore plus loin dans un avenir lointain.

SOUTIEN

Le travail de Lara Kramer est soutenu par :

LA COMPAGNIE

Lara Kramer Danse (LKD) est une compagnie montréalaise. Fondée en 2012, Lara Kramer Danse a pour mandat de soutenir l’artiste Lara Kramer dans sa création et sa production de performances et de chorégraphies de calibre professionnel, ainsi que de nourrir sa voix et sa pratique artistique.

La mission de la compagnie est d’entreprendre des projets qui appuient la recherche et la création de la voix artistique de Lara Kramer, et de soutenir le développement de ses productions chorégraphiques et de ses tournées. Lara Kramer Danse construit également une plateforme pour soutenir le développement d’ateliers, de collaborations et d’échanges internationaux, ainsi que des projets éducatifs et communautaires offerts et élaborés par Lara Kramer.

En 2013, la compagnie a lancé un projet de recherche qui en développant des relations à Lac Seul et Sioux Lookout en Ontario. Voyageant vers le Nord et les terres ancestrales de ses familles, Lara Kramer a créé Camp 19, un projet sur la connexion ainsi que l’histoire entourant cette terre cédée en vertu d’un traité, l’apprentissage des compétences traditionnelles et l’objectif à long terme de continuer à nourrir ces relations et échanges.

En 2016, Lara a mis sur pied le projet Cradleboard en collaboration avec Ida Baptiste, artiste chevronnée et gardienne du savoir, offrant des ateliers à l’organisme Montréal Autochtone et au refuge pour femmes autochtones Native Women’s Shelter of Montreal. Ce projet communautaire est axé sur la réappropriation des pratiques traditionnelles.

Les œuvres de Lara Kramer sont teintées de théâtralité et ancrées dans ses racines autochtones. Imprégnées d’images et de récits percutants, ses créations mettent à l’épreuve la force et la fragilité de l’esprit humain, et explorent souvent des enjeux politiques entourant le Canada et les Premières Nations. La compagnie a été invitée à se produire dans des festivals au Canada et à l’étranger en Nouvelle-Zélande, au Groenland, en Australie et en Martinique.

CA

Président – Autumn Godwin
Secrétaire – Moe Clark
Membre du conseil – Lara Kramer

Équipe

Lara Kramer, Directeur artistique et administrateur des arts
Sylvie Lavoie, Comptable
Nicoleta Nedescu, Consultante en communication et développement du site web
Ida Baptiste, Conseillère culturelle
Emerson Benson, Conseiller culturel
Denis Bergeron, Consultant en développement

Enseignement

Lara offre des ateliers à travers le Canada depuis 2012. Elle a enseigné à Montréal, London (Ontario), Peterborough, Toronto, Regina, Banff, Edmonton, Vancouver, Melbourne (Australie) et Nuuk (Groenland). Son approche pédagogique vise à trouver du plaisir dans la façon dont les images se transforment, se déforment et se déplacent dans le temps. Travaillant avec le corps, la texture ainsi que les objets et le son, Lara prend le temps d’investir dans l’écoute des choix instinctifs pour accumuler expérience et sens. Elle partage son intérêt à l’aide des significations multidimensionnelles qui se rapportent aux propositions physiques du corps sculpté.

Lara a offert les ateliers suivants au cours des dernières années. Discovery of State of Body (Découverte de l’état du corps), et Audio Drive + Systems of Distortion (Stimulation audio + systèmes de distorsion).

Dans Discovery of State of Body, nous élaborons un système de travail central dans le corps sensible à partir duquel nous travaillons et explorons. Communiquer nos expériences. Marquer notre présence à mesure que nous traversons le développement et la transformation constants de notre expérience.

Audio Drive + Systems of Distortion s’adresse aux artistes qui se penchent sur la durée en venant approfondir la conscience de l’endroit où nous entendons rien et tout. Enregistrer. Jouer. Incarner et rejeter. Écouter et tomber dans le vide. Être présent avec la mémoire + futur.

Certifiée en Pilates de Stott Pilates à Montréal, Lara Kramer enseigne cette méthode depuis 2006. Continuellement influencés par sa formation en danse, les cours de Lara visent à informer et à susciter la curiosité sur la santé et le bien-être du corps.

Communautaire

Le projet Cradleboard est un projet communautaire initié par Lara Kramer et créé en collaboration avec l’artiste chevronnée et la gardienne du savoir Ida Baptiste en 2016. Ida Baptiste est une artiste visuelle originaire de Brandon, au Manitoba. Elle est titulaire d’un baccalauréat en études autochtones de l’Université Trent. Depuis 2011, elle enseigne l’ojibwé à l’école primaire Kendaawin de Rama, en Ontario, et pratique les arts traditionnels.

Lara Kramer et Ida Baptiste animent un atelier d’une à deux semaines où les participants de tous âges apprennent le processus de création d’un porte-bébé. Ce projet multigénérationnel offre la possibilité d’établir un lien direct avec une pratique traditionnelle et de travailler dans le cadre d’un projet artistique communautaire. Il appuie la réappropriation des pratiques et des enseignements traditionnels dans l’éducation traditionnelle des enfants. Des ateliers ont été offerts à l’organisme Montréal Autochtone et au refuge pour femmes autochtones Native Women’s Shelter of Montreal en 2017 et 2018.